


Freda Joséphine Mac Donald nait le 3 juin 1906,
à Saint-Louis dans l'Etat de Missouri.
Abandonnée par son père en 1907, aînée d’une famille pauvre, passé l’école primaire, elle enchaîne les petits boulots chez les gens aisés, vivant le plus souvent dans la rue où elle fait « ses gammes »
en dansant pour survivre.
A l’âge où l’on croit encore au prince charmant, elle croit se sortir de cette triste existence en épousant à 13 ans un joueur de baseball, qu’elle doit calmer à coup de bouteilles sur le crâne. !!!
Meurtries, désenchantée des réalités conjugales, elle s’échappe très vite de ces contraintes, au bout d’un an.
Retour à la rue où ses aptitudes à la danse lui permettent d’intégrer d’un trio d’artistes, avec lequel elle sillonne l’Amérique.

Lors d’une tournée à Philadelphie, en 1921,elle rencontre
William Howard Baker, une autre expérience maheureuse,
qu’elle épouse pour le quitter en 1923 !!!, mais conserve son nom marital . Elle tente alors sa chance à Broadway , femme noire dans un pays ségrégationniste, les déceptions se suivent les unes après les autres à chaque sollicitation auprès de différents groupes, lorsque la chance lui sourit, en la personne de Caroline Reagan, épouse d’un haut fonctionnaire de l’ambassade américaine à Paris, qui lui propose, moyennant un salaire de 250 dollars de venir en France pour monter un spectacle « la revue nègre » où elle sera la vedette.

Le 2 octobre 1925, elle passe en 1ère partie au théâtre des Champs Elysées, où elle danse le charleston, une danse encore inconnue en France. Son déhanché attire rapidement les hommes comme des mouches, au point de devenir la coqueluche du « tout Paris »
La liste de ses amants s’allonge aussi rapidement que son compte en banque : Jean Gabin,

Georges Simenon – promu secrétaire particulier –, Michel Simon et un nombre impressionnant de fils de bonne famille ou de bourgeois richissimes,
sans oublier les femmes, dont
![]() |
![]() |
Frida Kahlo, artiste peintre,Colette, romancière,
Violette Morris, championne de course automobile,
Clara Smith, chanteuse et danseuse, , etc…
« Si tous mes amants pouvaient se donner la main, ils feraient trois fois le tour de la terre », aimait-elle plaisanter
Toute sa vie, le sexe ne sera d’ailleurs qu’une gymnastique saine et utile, une expérience sportive comme une autre.
En 1925, elle obtient son permis de conduire
En 1926, dans la cohue de ses nombreux courtisans, la rencontre,
avec le sicilien Guiseppe « Pepito » Abatino, sera capitale pour sa carrière artistique, qui n’aurait sans doute été qu’un feu de paille
dans l’univers du spectacle.
En gagnant sa confiance & le chemin de son lit, Pepino va faire d’elle la première grande star noire de l’époque.
La rudoyant souvent, il lui apprend tout : parler, chanter, tenir aussi bien la scène qu’une conversation et une coupe de champagne

les arcanes du métier comme les bonnes manières ».
.La réinventant sans cesse, il organise ses tournées nationales(*) & internationales, la lance dans le cinéma,& la chanson ( la Tonkinoise et j’ai deux amours ) négocie les contrats et les licences autour de son nom : camembert, cigare, parfum, produits de beauté, poupée.
En 1927, il lui obtient un contrat aux Folies Bergères
![]() |
![]() |
où elle danse nue, avec une ceinture de bananes artificielles
accompagnée d’un vrai guépard ce qui inquiète un peu l’entourage,
mais pousse au délire les spectateurs
Avec Pepino, le nom de Baker vaut de l’or , ce qui lui permet d’acheter un immeuble entier dans Paris, avenue Bugeaud, et une splendide villa au Vésinet, dans la banlieue chic de la capitale.
En 1935, passionnée d’aviation, elle obtient son brevet de pilote, sanctionnant sa maîtrise tant dans les envols que les atterrissages,
que son instinct de l’air, & son sens du vol hors du commun.
Précieux bagage qu’elle mettra au service de la France, pendant la seconde déflagration mondiale
.
En 1936, lors d’une tournée orageuse aux États-Unis,au faîte de sa gloire, Joséphine quitte brusquement son Pepino-Pygmalion.
En 1937, alors que le fascisme ronge l’Europe, elle n’hésite pas à épouser le juif Jean Lion, un play-boy flamboyant,
fils d’une grande famille industrielle :
il a des ambitions politiques & cette union lui fait un bon coup de publicité, en contrepartie Joséphine acquiert la nationalité française
.
En 1940, ce couple mal assorti(*) divorce après de fréquentes disputes,
(*) Jean Lion est un coureur de jupons invétéré,
& les horaires de Joséphine sont impossibles.

Elle ne reste pas longtemps seule.
En rencontrant le capitaine Jacques Abtey, officier du renseignement & du contre-espionnage, elle entre immédiatement dans la résistance, par cette phrase
« La France m’a faite comme je suis, Je suis prête à lui donner ma vie. Disposez de moi comme vous l’entendez, capitaine. » et lui offre comme couverture le poste de secrétaire artistique…
.et les couvertures de son lit.
En Jacques, elle trouve un homme à sa mesure. A ses côtés, la star va traverser la Seconde Guerre mondiale avec un courage hors du commun, la « la Vénus d’ébène », profite de sa notoriété pour glaner d’importantes informations dans tous les salons et ambassades qui comptent, avant de les transcrire à l’encre sympathique sur ses partitions,ou de cacher des documents dans ses sous-vêtements.
Des informations rapidement transmises à Londres via les réseaux.

En 1942, en danger, elle traverse la Méditerranée, accompagnée de Jacques, pour se mettre en sécurité en Afrique du Nord.
Son métier prenant le dessus sur les évènements, elle se produit sur tous les théâtres d’opérations pour maintenir la flamme des combattants, d’abord devant les GI, à l'exclusion des régiments pratiquant la ségrégations, les tommies, puis devant les FFI dans des conditions souvent rudimentaires, tout en travaillant à rallier les potentats arabes à la France libre…
C’est à l’occasion d’un gala, à Alger, qu’elle chante devant le général de Gaulle, qui lui fait remettre une petite croix de Lorraine en or
(qu’elle revend aux enchères pour 350 000 francs
au profit des troupes françaises.)
L’épreuve d’une fausse couche de Joséphine la prive de toute espérance de nouvelle maternité, & une péritonite manque de lui coûter la vie, interrompant ses tournées.
Rétablie, après de longues semaines de convalescence, forte de son brevet de pilote,

elle participe alors aux évacuations sanitaires par avion, au titre d’Infirmière Pilote Secouriste de l’Air
Au cours d’une mission, elle est victime d’un accident d’avion au large des côtes, ne devant sa survie qu’à l’intervention courageuse d’un bataillon de tirailleurs sénégalais elle ne pilotera plus jamais.
Ses actions au cours de la guerre lui valent, la remise de la médaille de la Résistance par De Gaulle lui-même, qu’elle reçoit, très fière à juste titre, dans son bel uniforme de sous-lieutenant
Médaille qu’elle revendra au profit des mouvements de Résistance.
Après la guerre, elle devient ambassadrice de la haute couture française, se présentant sur scène dans de magnifiques robes
![]() |
![]() |
de Dior ou de Balmain.

En 1947, elle épouse Jo Bouillon, chef d’orchestre et compositeur de renom qui l’accompagne dans ses spectacles,
Ce mariage, qui lui donne une assisse bourgeoise, est cependant plus artistique que romantique,
Jo Bouillon est un homosexuel et Joséphine est une bisexuelle
La même année le couple acquiert le château de Milandes (en réalité des Mirandes, Joséphine ayant un problème avec la prononciation avec les R.), que Joséphine louait depuis 1937

Concrétisant son rêve de fraternité universelle, elle adopte 12 enfants de toutes origines qui composeront t sa « tribu arc-en-ciel ».
(Jo Bouillon n’en voulait que 4)
Pour transformer ce château en « palais de la démesure »,
elle fait appel aux artisans locaux.

Coupable de légèreté dans la gestion de ses comptes certes, sa générosité mal maîtrisée, ses dépenses somptuaires,un projet immobilier démesuré, elle sera aussi scandaleusement abusée par certains artisans
Les uns n’hésitant pas à faire payer la même facture deux ou trois fois, les autres . lui volant vaisselle, couverts, & objets précieux, enrichissant .électricien & plombier, notamment,et dans les fermes qu’elle possédait, les animaux déclarés morts, étaient vendus au bénéfice des exploitants agricoles, etc…
Le château aménagé devient un lieu d’attractions diverses à la gloire de Joséphine, avec piscine, golf miniature, restaurant, bar, salle de spectacles, lieu que la « jet set » parisienne se doit fréquenter, & où se produisent les grandes vedettes de l’époque
(Gilbert Bécaud, Dalida, Jacques Brel, Luis Mariano, etc.

Dans leur sillage, de nombreux journalistes qui feront découvrir le Périgord aux français & aux étrangers.
Un tourisme déroutant quelque peu les autochtones,
partagés entre agacement & fierté :
Agacement dans cette région, jusque-là si tranquille, où arrivaient un monde complètement étranger aux habitudes locales.
Fierté de voir que de jour en jour, le Périgord figurait périodiquement à la une des journaux et des radios.

Face à une telle gabegie, les relations entre Joséphine et Jo se dégradent, les disputes se multiplient, la vaisselle vole…., pendant que Joséphine enchaîne les galas, Jo Bouillon gère tant bien que mal l’intendance, tentant de combler les dettes et d’éloigner les vautours
Jo & Joséphine se séparent finalement en 1957,
Joséphine conservant le château… et ses lourdes charges
.
Jo, rejeté par son impossible épouse, s’installe en Argentine pour gérer un restaurant Après la mort brutale de Joséphine, en 1975, il continuera de veiller sur leurs enfants, soudain orphelins d’une mère attentive.
Toute sa vie, Joséphine milite contre le racisme : elle fait partie de la LICRA et rejoint Martin Luther King après son fameux discours
du 22 août 1963 : « I have a dream ».

Ruinée, criblée de dettes, le château est mis aux enchères.
Joséphine lance un appel pour le sauver.
Emue par sa situation, Brigitte Bardot lui envoie un chèque important,
Grâce de Monaco tout autant et l’invite à se produire dans la Principauté.
Jean-Claude Brialy la produit dans son cabaret

En 1964, elle reprend ses tournées internationales

Dès le 24 mars 1975, elle prépare ses 50 ans de carrière, ses répétitions sont brutalement interrompues le 10 avril par une hémorragie cérébrale la plongeant dans le coma.
Le 12 avril, elle décède à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière.
Le 29 novembre 2021, hommage suprême , « la petite femme, noire, d’origine étrangère » entre au Panthéon. Tout un symbole
Que dire de Joséphine

D’une jeunesse gâchée vécue dans la violence, d’une vie vagabonde dans un pays ségrégationniste, elle trouve, à cette époque, un pays une France accueillante & tolérante, où elle peut laisser éclater son exubérance communicative.
Avec son visage charmant, son sourire éclatant et son corps de rêve
& souple( elle mesure 1.70m) Joséphine a séduit les hommes

,bien qu'elle tenta de casser en vain, sur scène, une sensualité exceptionnelle & exotique par des mimiques

ou des grimaces suscitant le rire
Courageuse, elle le fut tant dans une vie cahotique, que dans le dangereux service armé qu’elle rendit à la France,
Généreuse, elle reporta toute sa tendresse de mère empêchée sur sa tribu de 12 enfants, stricte & câline, elle l’aima plus que tout.
Les 12 enfants de Joséphine
Akio Japon, Jano, Corée, Luis, Colombie, Jari, Finlande,
Moïse, Israël, Brahim, Algérie, Koffi, Côte d’Ivoire, Mara, Venezuela,
Stellina ,d’origine marocaine,
Jean-Claude, Noël, Marianne,( parents algériens) France

Décorations majeures :

C’est sans doute la déclaration de son dernier mari Jo Bouillon, qui définit le mieux le caractère de la bouillonnante « vénus noire »
« Cette femme me fait penser à la fois à un torrent, un incendie
et un rossignol »,
Syndicat d'Initiative Intercommunal des Portes du Pays d'Othe - 2 rue Laurent Lesseré - 10190 ESTISSAC - Tél : 03 25 40 42 42
réalisation OvOtix - motorisation Clé de Site

