



Anne-Louise-Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein,
Plus connue sous le nom de Germaine de Staël, romancière, épistolière,
Issue d’une famille protestante genevoise:
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son père Jacques Necker, est un financier très aisé qui a fait fortune à Paris à force de travail. Ses compétences reconnues lui valent d’être appelé en 1777 comme directeur des finances par Louis XVI, mais ses préconisations d’économie et de répartition des impôts, se heurtent aux parlements, à la reine et aux privilégiés aux avantages mirobolants, & provoquent son renvoi en 1781, ce qui le rend populaire auprès du tiers état.
Rappelé en 1788, trop tardivement pour rétablir la situation, il hâte la réunion des états généraux, …et est a nouveau renvoyé.
Rappelé le 15 juillet, il ne peut rétablir une situation inextricable, & quitte le pouvoir en 1790 pour s’établir en Suisse.
Il a épousé par amour, en 1764, à Paris, Suzanne Curchod,
fille dévote d'un pasteur calviniste.
Anne-Louise-Germaine Necker naît le 22 avril 1766 à Paris
Sa mère, qui tient un salon littéraire, se charge elle-même de l’éducation de Anne Louise A l’opposé des conception de Jean Jacques Rousseau, madame Necker considère qu'il faut exercer l'intelligence par un afflux précoce d'idées, en lui donnant une instruction encyclopédique .
Fréquentent ce salon : Buffon, Grimm, Diderot,de la Harpe, l’abbé Raynal, pour ne citer que les plus connus
Tranchant avec les enfants de son milieu élevés de façon plus traditionnelle, Anne Louise suscite rapidement la curiosité des hôtes de ses parents par l'étendue de son érudition, sa culture, & la vivacité de son intelligence.
A quatorze ans à peine, elle tient son cercle et sait converser avec les hôtes du salon de sa mère. Elle a appris l'anglais et le latin, l'art de la danse et la musique, la récitation et la diction, et sort souvent au théâtre.
Les parents pensent à la marier avec un beau parti, le prestige de son père lui ouvre les portes de ce que l'Europe compte à la fois d'aristocrates et d'intellectuels éclairés, mais ses parents ne veulent pas d'un gendre catholique.
Il y a fort peu de protestants dans la noblesse française, et les amis suisses qu'ils fréquentent sont jugés trop provinciaux.
Les prétendants ne manquent pourtant pas, les plus connus: Axel Fersen, Georges Auguste de Mecklembourg, Louis Marie de Narbonne-Lara,
William Pitt…

Un baron désargenté retient son attention, il est sous-secrétaire à l’ambassade de Suède à Paris, une situation de peu d’importance aux yeux de Suzanne. Ce n'est pas un problème, elle intervient directement auprès du roi Gustave III de Suède, qui le nomme ambassadeur auprès de la cour de Versailles
La charge est prestigieuse & les revenus en conséquences.
En 1785, Anne Louise ouvre un salon à l'hôtel de Suède, rue du Bac, où elle reçoit les représentants d'une nouvelle génération, contemporains de la guerre d’indépendance d’Amérique& professant les idées neuves proches des siennes,notamment: :La Fayette, Clermont-Tonnerre, François de Pange, la première grande passion de Germaine, l’ami de toute une vie & Louis Marie de Narbonne: Mathieu de Montmorency, qu’elle rencontre , le 5 mai 1789, à l'ouverture des États généraux à Versailles & Talleyrand, le traître en amitié, dont elle facilitera pourtant son retour d’exil
Voyant dans l’Angleterre, la meilleure expression de la liberté, lectrice passionnée de Jean-Jacques Rousseau, marquée par les idées des Lumières,
elle accueillera favorablement la Révolution.& ses idéaux
Le 17 janvier 1786, le baron Erik Magnus Staël von Holstein, de 17 ans son aîné, épouse Anne Louise Germaine, qui choisit de s’appeler dorénavant Germaine de Staël
La nuit de noce est décevante pour la jeune fille, la vie maritale ne sera pas mieux, et Germaine ne tarde pas à lever les yeux vers d’autres horizons.
Du devoir conjugal naît Gustavine en 1787, (la fillette meurt en 1789)
Dans l’immédiat, riche de la dot de sa femme et de ses revenus d’ambassadeur, l’homme mène grand train, et aura le bon goût » de tolérer les idylles
de sa femme
D’ailleurs sa vie entière ne sera une quête perpétuelle d'un bonheur,
qu'elle ne trouvera guère.

En 1788, Germaine publie un essai philosophique les
Lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau
En août 1790, Jacques Necker démissionne de son poste aux finances, et se réfugie en Suisse, contraint de laisser au Trésor royal les deux millions de livres d’un prêt consenti au trésor , que sa fille réclamera en vain toute sa vie.

(*)voir notice en bas de page
Elle rencontre Louis-Marie-Jacques-Amalric de Narbonne-Lara(*),
colonel du régiment de Piémont, qui embrasse les idées nouvelles,
de cette liaison naissent :
Auguste en 1790

& Albert en 1792, enfants que le mari de Germaine reconnaît bien volontiers
Quelque peu déçue par la tournure des évènements, courageusement mais dangereusement, elle adopte une position critique dès 1791 ,
À partir de 1792, la situation politique devient difficile. Elle déploie une grande énergie dans les dernières semaines de la monarchie s'efforçant
de sauver ses amis.
Soutenant l'idée d'une monarchie constitutionnelle, elle se met à dos et les partisans d'une République et les tenants de l’absolutisme. Considérée comme une opposante gênante par les maîtres du pouvoir, et malgré le statut de diplomate de son mari, elle doit se réfugier reprises de son père en Suisse,
dès 1793
Elle s'éprend alors de François de Pange, qui fréquenta son salon. Emigré dans des conditions difficiles , il est devenu imprimeur pour survivre, ( Il publiera ses œuvres La Paix puis Zulma.) Ami sincère, il se montre un critique objectif et sévère, Côté sentiments, de nature délicate et droite, il ne répond pas aux sentiments passionnés de Germaine. Rentré en France, en 1794, suivi & poursuivi par les assiduités de Germaine… En refusant sa demande en mariage, il se rapproche de sa cousine, Anne Louise de Sérilly, qu’il épouse en janvier1796. Il meurt le 15 juillet de cette même année

(*) voir notice
Elle retrouve cependant l’amour avec Benjamin Constant un vaudois protestant, qu’elle connaît depuis 1794.et qui l’accompagnera dans son exil. Leurs relations seront intenses & orageuses : possessive, Germaine veut tout régenter, lui s’ennuie de Paris, ne supporte forcément pas tout, & n’est pas toujours fidèle . La liaison prendra fin en 1810, mettant fin à une richesse d’ échanges intellectuels au sein du « groupe de Coppet en fait l'un des couples les plus en vue de leur époque

De leurs amours, naît Albertine Ida Gustavine en 1797, reconnue par l’époux de Staël. De son mariage avec le duc Victor de Broglie en 1816,(qui sera un important homme d état sous Louis Philippe), Albertine aura 4 enfants.
Tenant comme sa mère,un salon littéraire et politique elle s'investira dans les oeuvres philanthropiques. Elle traduira différents ouvrages de l'anglais et de l'allemand, et écrira quelques essais religieux. Adepte du réveil protestant, elle créa une association visant à promouvoir la lecture et la diffusion de la Bible
En 1795, sous le Directoire, rentrée en France, Germaine ouvre son salon et intercède pour retour d’exil de Talleyrand et de Narbonne-Lara .
Elle publie, un plaidoyer en faveur de Marie-Antoinette
« Réflexions sur le procès de la Reine »,
où elle dénonce les misères de la condition féminine, Les discours de Benjamin, sont co-écrits par les deux amoureux, et sont mal perçus autant par royalistes & les jacobins, agacés par leur prétention de se poser comme les mentors de la vie politique parisienne.
Lorsque le Directoire envisage d'envahir les cantons suisses, elle s'efforce d'en dissuader les directeurs dans la crainte que la France abroge les droits féodaux dont jouit son père dans sa propriété de Coppet au bord du lac Léman
En 1796 elle publie un nouvel essai
« De l'influence des passions sur le bonheur de l'individu et des nations"

Fascinée par le jeune général Bonaparte, en qui elle voit un libéral appelé à faire triompher le véritable idéal, elle échafaude le projet de partager ses idées avec ce nouvel homme fort, et dans la foulée pourquoi pas supplanter Joséphine…. Grâce à l’entremise de Talleyrand, elle peut le rencontrer le 3 janvier 1798. Assailli de questions, Bonaparte, pas du tout enclin à partager le pouvoir, et encore moins avec une femme met fin à l’entretien par cette ultime réponse sur une dernière interrogation
« général, quelle est pour vous la première des femmes ?
— Celle qui fait le plus d'enfants, Madame » .
C'est la douche froide…
Sa désillusion sera définitive après le coup d’état de Bonaparte du 18 brumaire an VIII ( 9 novembre 1799) à son retour-désertion d’Egypte ,
suivi de la promulgation de la constitution an VIII
Une longue animosité s’installe entre les 2 protagonistes, Germaine, une des rares à ne pas s’agenouiller devant Bonaparte, devient la pierre angulaire de la résistance à un régime de plus en plus dictatorial .
La publication de ses romans & la poursuite de son œuvre philosophique lui valent une grande célébrité,.... et les foudres du consul.
En 1800, la baronne se sépare de son mari et publie
"De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales"

En 1802, année du décès de son mari, elle publie « Delphine »,
un roman où se mêlent les questions politiques et sociales de son temps, l'anglophilie de l'époque, la supériorité du protestantisme sur le catholicisme, le divorce, dénonçant ouvertement la régression de la condition féminine, malgré la Révolution, enchaînant la femme aux contraintes sociales régies par le milieu patriarcal
Subissant de violentes critiques attisées par le pouvoir, Germaine, décidément dangereuse, est chassée de Paris, en octobre 1803, avec l’interdiction de s’en s'approcher à moins de quarante lieues . Elle se réfugie en Suisse
Le couple de Staël-Constant entreprend alors un voyage de plusieurs mois en Allemagne, où Germaine est reçue comme un chef d’état. Maîtrisant cette langue dédaignée à l’époque, qu’elle a acquise auprès du percepteur de ses enfants, elle rencontre l’élite intellectuelle, notamment Schiller & Goethe , découvrant une littérature inconnue en France,
( de ce voyage elle écrira « de l’Allemagne » publié en 1813)

En 1804, le code civil promulgué par l’empereur, en gommant les quelques acquis obtenus pendant la Révolution , confirme la soumission totale de la femme au pouvoir de l’homme. Il faudra attendre 1945, pour qu’elle trouve peu à peu une autonomie refusée depuis la nuit des temps
Ses déboires lui valent un immense succès dans toute l'Europe.
( La parution de ses œuvres sera mentionnée de 1805 jusqu'en 1813 dans l'Ambigu à Londres, dirigé par Jean Gabriel Peltier ( tout à la fois pamphlétaire, écrivain, traducteur, éditeur, libraire, journaliste, politique & diplomate ….& banquier)
En 1804, elle publie « l'esprit européen » une ligne de conduite qu’elle ne cessera de défendre, de sa vie durant .
De son voyage en Italie, elle en tire un roman« Corinne en Italie »
(qu'elle publie en 1807)
En 1805, retour au u château de Coppet, le seul endroit où elle peut vivre dans cette'Europe napoléonienne, elle reçoit les intellectuels européens, & entreprend la rédaction « de l’Allemagne » (qu’elle publie en1810)
L’ouvrage dépeint un pays sentimental & candide, popularisant en France les œuvres des auteurs de langue allemande, jusqu'alors relativement méconnues, ouvrant ainsi la voie au romantisme français, directement inspiré des premiers romantiques allemands et anglais, mais encours une nouvelle fois les foudres de Napoléon, car l'oeuvre appelle explicitement à l’unité allemande.
L’édition est saisie et mise au pilon par Savary, le duc de Rovigo, le nouveau ministre de la police, homme de confiance de l’empereur
« Votre dernier ouvrage n’est point français. Il m’a paru que l’air de ce pays-ci ne vous convenait point, et nous n’en sommes pas encore réduits à chercher des modèles dans les peuples que vous admirez »
Elle est assignée à résidence, espionnée, interdite de toute publication, et toute personne lui rendant visite punie d’exil
( madame de Récamier en fera les frais)

(*)voir notice en bas de page
.En 1811 mariage d’amour, en secret avec Albert de Rocca(*) jeune officier genevois, de 22 ans son cadet, elle lui donne un fils : Louis Alphonse, en 1812
En 1812, trompant la surveillance des espions chargés de la surveiller, elle quitte le château avec ses deux enfants et son époux espérant rallier l'Angleterre. Une destination la contraignant à passer.... par la Russie, traversant une Europe sous contrôle des armées françaises.
Lors de son séjour à Saint-Pétersbourg, elle rencontre le baron von Stein, opposant notoire de Napoléon & prend des notes, bases
« De la Russie et des royaumes du Nord »
qui sera publiée à titre posthume en 1821,
tout comme les « Dix années d'exil. » publiées en 1818

Elle parvient enfin à se réfugier à Stockolm, auprès du général français Bernadotte, prince héritier du trône de Suède, où elle devient l'inspiratrice d'une alliance anti-napoléonienne, acquérant ainsi une stature politique plus marquée.
« Un seul homme de moins et le monde serait en repos »
Le 12 juillet 1813, son fils Albert, qu'elle a eu du général Louis Marie de Narbonne- Lara, aide de camp de Bernadotte est tué en duel, à 21 ans
La même année, elle arrive enfin en Angleterre, où elle rencontre le comte de Provence, futur louis XVIII, en qui elle souhaite voir un souverain capable de réaliser la monarchie constitutionnelle.
Elle rentre en France au printemps 1814, après avoir publié outre-Manche "Sapho", où reparaît le thème de la femme géniale et incomprise qui finit par mourir de douleur et d'amour,s
uivie de ses "Réflexions sur le suicide."

1815 de retour à Paris, elle rouvre son salon parisien à la faveur de la Restauration des Bourbons, recevant rois, ministres et généraux.
En se démarquant par une réelle ambition politique, combative et passée à l'opposition, elle est une propagandiste très active.
Durant le premier exil de Napoléon, bien qu'alliée avec circonspection aux Bourbons, elle fait prévenir l'empereur d'une tentative d'assassinat, et lui offres "sa plume et ses principes » …en échange de deux millions de francs
( que son père a prêté au trésor sous Louis XVI) .
Proposition déclinée Napoléon, guère disposé à payer une telle somme

Elle visite une Joséphine, très malade pour lui raconter sa vie avec l’empereur….
Consumée d’ennui pendant son exile, éprouvant une grande agitation et un manque de sommeil, qu’elle tente de soulager par la prise de quelques grains d’opium, en elle devient finalement dépendante .
Affligée, depuis quelque temps, d’un gonflement œdémateux des jambes, elle consulte, à son retour à Paris, le docteur Portal, le médecin de famille, qui ne peut que constater, outre l’aggravation de la maladie, un teint encore plus sombre que d’habitude, des yeux jaunes jaune et une digestion douloureuse.
Elle succombe à une hémorragie cérébrale, le 14 juillet 1817, dans les bras de Victor de Broglie de son gendre, laissant inachevées ses
"Considérations sur les principaux événements de la Révolution française"
qui seront publiées en 1818, à titre posthume comme seront publiées ses
"Dix années d'exil" titre en 1821.
Conformément à ses vœux, elle repose auprès de ses parents dans la chapelle funéraire au château de Coppet

Madamede Staël en bref:
En quête de l’amour absolu, envahissante, entière, exigeante, dirigiste, elle ne trouvera pas « chaussure à son pied » pour la vie, ses grandes passions souhaitant rapidement qu’elle leur « lâche les baskets »
Pendant les temps troublés:
-courageuse, elle risqua sa vie pour sauver ses amis,
-courageuse elle défendit ses idées, dont la place de la femme dans la société,
-courageuse, la tête haute, elle tient bon devant Napoléon,tandis que l’opposition rentrait dans la clandestinité
Curieuse, cultivée, ( & riche), aux écrits avant-gardiste, elle fut une pionnière, dans la théorie littéraire, l’histoire & le roman.
L’introduction du romantisme, c’est elle et Chateaubriand
Dans ses romans, elle présente les femmes comme les victimes des contraintes sociales les empêchant d'affirmer leur personnalité, et ne pouvant vivre de leur talent qu'au prix de la renonciation à l'amour. Elle revendique le droit au bonheur pour toutes, et pour elles-mêmes. Cette revendication de droit au bonheur, qui se confondait avec le droit d'aimer, sera reprise, avec des modalités différentes, par Georges Sand .
Égérie, elle a tenu une place centrale dans le « groupe de Coppet »
.D'un cosmopolitisme en avance sur son temps, Germaine de Staël fut une femme moderne dans une Europe qu'elle a parcouru en tous sens & abondamment décrite .
.

Louis-Marie-Jacques-Amalric de Narbonne-Lara, vicomte
naît des amours de Louis XV et de Catherine Chalus,
sa maîtresse depuis 1749,
( mariée en 1750 au comte Jean-François de Narbonne pour la parer de respectabilité, ce qui vaut à bon compte pour son époux complaisant le grade de maréchal de camp & le commandement du haut Languedoc,
puis en 1780,puis la dignité de Duc )
Louis Marie naît donc le 23 août 1758, en Italie par discrétions afin de préserver l’honneur du souverain
L’enfant placé d’abord chez les oratoriens, entre dans l’armée section artillerie puis chez les dragon . Il brûleles étapes en devenant capitaine à 18 ans puis colonel à 28…Merci sire-papa.
En avril 1782, il épouse à Paris la fille, du premier président du parlement de Rouen. Repéré alors par Vergennes, le ministre des affaires étrangères, il devient l’un de ses secrétaires. À la mort de Vergennes, il reprend le service armé et accède en 1789 au grade de colonel au régiment du Piémont
Au début de la Révolution, il embrasse les idées nouvelles et se lie à des nobles En 1790, en garnison à Besançon, pour avoir maintenu l'ordre malgré des troubles il est nommé commandant en chef de la garde nationale du Doubs,
et revient toutefois à Paris où il rencontre Germaine .
C’est le coup de foudre,
Nommé maréchal de camp le 4 septembre 1791,,il est rappelé au ministère de la guerre le 6 décembre 1791. Non qu’il soit apprécié du couple royal & de son entourage, mais pour barrer les ambitions du détesté La Fayette.
En vue de la guerre prochaine, Narbonne :
-visite les frontières du royaume pendant son ministère, et fait, à la suite de ce voyage, un brillant rapport à l’assemblée législative sur les ressources militaires de la France.
Il organise trois armées sous les ordres des généraux
Rochambeau, Luckner …& La Fayette
Cible des brissotins & des cordeliers, comme des royalistes, renvoyé le 9 mars 1792., il rejoint l’état-major de Luckner à l’armée de l’est.
Le 22 mai 1792, il est promu lieutenant général
Il intrigue, sans succès, pour revenir au ministère. Au cours de l'été 1792, il assiste à la journée du 10 août aux côtés de Louis XVI. Décrété d’accusation, il émigre à Londres avec l’aide Germaine,
Ii tentera à plusieurs reprises de se faire rayer de la liste des émigrés.
C’est finalement avec le consul, désireux de rallier les aristocrates,
qu’il peut rentrer en France en 1801.
Les guerres napoléoniennes déciment soldats & cadres, de Narbonne est réintégré dans l’armée le le 24 juin 1809 avec le grade de général de division
Nommé gouverneur de Trieste, en Italie, puis ambassadeur à Munich , il est élevé à la dignité de comte d’empire 23 décembre 1810, & reçoit la croix d'officier de la légion d’honneur le 30 juin 1811.
Aide de camp de l’empereur dans la campagne de Russie de 1812, il est envoyé en 1813 comme ambassadeur à Vienne, où en compagnie de Fouché, il mène les négociations avec Metternich. C’est un échec qui mécontente Napoléon.
Rappelé, l’empereur lui confie le commandement de la place de Torgau en Saxe. C'est là qu'il meurt le 17 novembre 1813, âgé de cinquante-huit ans,
des suites d'une chute de cheval
De Germaine, il eut deux enfants
Auguste (1790-1827) : il s’engagera dans l'édition des œuvres de sa mère et les causes philanthropiques.
Albert (1792-mort en duel 1813, il fut aide de camp de Bernadotte, régent- prince héritier du royaume de Suède & de Norvège en 1810.Il meurt en 1813, tué en duel.

Benjamin Constant de Rebecque,
naît le 25 octobre 1767 à Lausanne, fils unique d’une père colonel d’un régiment suisse au service de la Hollande ,sa mère décède dans le mois de naissance à la suite de ses couches
Il suit son père au gré de ses voyages en Europe.
A partir de 1787, sa vie sentimentale devient compliquée, liaison, mariage, divorce, liaisons, mariage secret
En 1794 il rencontre Germaine de Staël pour une liaison tumultueuse qui s’achève en 1808 La richesse de leurs échanges intellectuels au sein du Groupe Coppet en fait l'un des couples le plus en vu de leur époque
Le mari de Germaine décédé en 1802, il fait sa demande en mariage qu’elle refuse. En 1804, il retrouve sa cousine, entame une liaison plus poussée en 1806 pour l’épouser secret en 1808
Grâce à la loi du 15 décembre 1790, déclarant Français les descendants de familles expatriées pour cause de religion (les protestants en l'occurrence), à condition qu'ils s'installent en France, il obtient sa naturalisation, ce qu’il fait en mai1795 en s’installant à Paris avec Germaine où Benjamin débute en politique, domaine où il devient très actif, voir violent. Il s’émancipe peu à peu de la tutelle sa compagne, mais en octobre il la suit pourtant dans son exil en Suisse
Quelques allées & venues & quelques échecs plus tard, toujours républicain, il soutient pourtant le coup d’état de 18 Fructidor & du 18 brumaire, participe à la rédaction définitive du code civil, élu au tribunat il s’oppose à la monarchisation du régime, passant dans l’opposition libérale Il est écarté du Tribunat en 1802.Eloigné de Paris, comme Germaine, par le 1er consul en 1803, il rencontre les intellectuels allemand En 1814,violemment hostile à Napoléon, il défend, et les intérêts de Caroline Murat, au congrès de Vienne, et l'alliance des Bourbons avec l'héritage issu de la Révolution,
Pourtant, aux cent jours, il accourt à l’appel de l’empereur, lui demandant un projet de constitution, nommé au conseil d'état, & participe à l’acte additionnel
En 1815, il se réfugie en Belgique puis en Angleterre, bien que sa condamnation à l’exil soit révoquée par le roi
De retour en France, sous la restauration, en 1816, il revient en politique , galérant sans succès pour obtenir un siège, il est finalement élu député en 1819.Orateur des plus en vue, il confirme sa position dans l’opposition libérale dans le groupe des indépendants
Il réélu en 1824, 1827 & 1830
En 1830, il soutient l’installation de Louis Philippe, qui le soulage de ses soucis financiers en lui faisant un don de 300 000 francs. avant de mourir le 8 décembre.
Ses funérailles nationales le 12 décembre 1830 sont suivies par cent à cent cinquante mille personnes en fait l'un des cortèges les plus importants de la Restauration et du début de la monarchie de Juillet en l’honneur d’un homme politique
Lecteur passionné, connaissant bien le romantisme allemand, auteur prolifique, il laisse une correspondance abondante, son journal intime, des romans, plus ou moins autobiographiques, des essais religieux, & politiques
( tout en se distinguant de Rousseau & Montesquieu sur ce sujet)

Albert de Rocca
Fils d’avocat, noble et conseiller de la République de Genève, il devient citoyen français après l'annexion de Genève, en 1798.
Elève de l’école polytechnique, il entre dans l'armée française. Incorporé à l'école militaire de Fontainebleau en 1806, il en est congédié le 1ᵉʳ janvier 1807, à la demande de sa famille, pour être finalement incorporé le 30 janvier 1807 dans la gendarmerie d’ordonnance de la garde impériale, une unité de cavalerie éphémère accueillant uniquement les riches gentilshommes issus de l’aristocratie de l’ancien régime
Nommé sous-lieutenant en juillet 1807, il est affecté au 2ᵉ régiment de hussards à la fin de la campagne en Pologne, puis participe dès 1808 à la guerre d'Espagne. Grièvement blessé, en 1810 lors d'une embuscade , il perd l'usage d'une jambe et doit renoncer à sa carrière militaire.
Sa valeureuse conduite lui valant, à 22 ans, la croix de chevalier de légion d’honneur
De retour à Genève, il rencontre, Germaine au printemps en 1811,
exilée au château de Coppet .
Une promesse de mariage est enregistrée, de cet amour Louis Alphonse est mis au monde secrètement le 23 mai 1812. Le couple se marie, toujours secrètement, au château de Coppet, en 1816
Installé pour l‘hiver à Paris, le couple n’en profite guère :
Germaine décède le 14 juillet 1817, Albert meurt de la tuberculose en 1818
Poussé par son épouse , il a laissé trois témoignages
Mémoires sur la guerre des Français en Espagne
La campagne de Walcheren et d'Anvers
(qui décrit l'échec d'un débarquement britannique en Belgique)
Le Mal du pays. Histoire d'un jeune officier suisse
Syndicat d'Initiative Intercommunal des Portes du Pays d'Othe - 2 rue Laurent Lesseré - 10190 ESTISSAC - Tél : 03 25 40 42 42
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