


Alésia, l’impossible défaite
Préambule
Au temps de César
Les gaulois sont déjà connu pour leur authentique civilisation,
dans les domaines des inventions technologiques, de l'art,
de la pensée religieuse, et de leurs institutions politiques.
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Depuis plus d'un siècle, la Gaule du Sud & du Centre commercent avec Rome. Important vins & huiles qu'ils paient en fournissant :
une douzaine de types de chariots, à 2 ou 4 roues , bâchés ou non, des tonneaux, des outils agricoles, des manteaux de laine, longs & courts, avec ou sans capuche, du savon,
des produits agricoles & miniers,
....et des esclaves.
Mais aussi des cottes de mailles et des armes

Sans être une « état », les 60 tribus se regroupaient
en 3 confédérations :
-les Aquitains au sud de la Garonne
-les Belges, entre Seine &Rhin
( la gaule chevelue, c'est à dire la gaule plus boisée que les terres du Sud)
-les Celtes entre Seine & Garonne
Toutes conscientes d'appartenir à un même pays, elles s'étaient dotés d'institutions, notamment :
- la constitution d'un « conseil de Gaule »
formé des représentants des différentes tribus, se réunissant au moins une fois l'an pour désigner le « peuple patron » qui disposait, le temps de son mandat,d'une autorité morale, d'un pouvoir d'arbitrage
et de constitution d'une armée confédérale.
-d'une cour de justice animées par les druides, dont la compétence s'étendait sur tous les gaulois.
Elle tenait ses assises une fois l'an, chez les Carnutes, en Beauce, leur lieu de culte, sous l'autorité incontestable d'un chef de file. Ces druides sont le ferment du fonctionnement des peuples, par la pratique de la religion, de l'éducation et de la justice.
Ce qui n'empêchait aucunement les bagarres entre peuples,
voire entre villages.
Oubliez les braies,les cheveux dans le vent, la mâle moustache, il y a belle lurette que la plupart des élites gauloises, sous influence romaine, ont adopté toge, visage glabre & cheveux courts.
.« Certillicnos» le futur Vercingétorix
.
Probablement né vers l'an 80 avant JC, à Corent en Limagne, l'un des 3 centres fortifiés de « l'Auvergne » (avec les oppidums de Gergovie & de Gondole), « Certillicnos» est le fils de l'aristocrate Celtillos, qui,
comme tout "fils de famille", suit l'enseignement oral des druides.
Pour avoir tenté de rétablir une royauté indépendante (abolie en -120), son père est mis à mort par les familles aristocratiques gérant la puissante communauté des Arvernes conformément au traité signé avec les romains, leur assurant, depuis 60 ans, la paix ...
et la prospérité.
Une mise à mort qui rassure Rome, mais qui prudemment exige des otages pour garantir la fidélité & le respect des accords conclus entre Rome & les Arvernes , le jeune « Certillicnos» est de ceux qui rejoignent « la maison »de César",
Ce qui,
-d’une part, éloigne l’orphelin de la tribu, à la grande satisfaction de son oncle, qui a participé à la mort de son père Celtillos.
- et d’autre part, rentre dans la politique de Rome, qui entend former à son profit les futurs dirigeants des tribus.
L'ambitieux Jules César

Maître :
-de l'Illyrie :
aujourd'hui la bande côtière de mer Adriatique
( de la Slovénie, de la Croatie, de la Bosnie à l'Albanie)
-de la Gaule cisalpine:
aujourd'hui, la vallée d'Aoste, une partie de l'Emilie Rogne, du Piémont , et de la Lombardie
-de la Gaule transalpine (la Narbonnaise) :
le pourtour méditerranéen : de Narbonne à Nîmes, de Toulouse à Vienne, sous Lyon ),
où il s'enrichit considérablement.
César revient à Rome, spectateur attentif aux événements, prêt à saisir toute occasion d'accroître sa gloire ….& sa fortune.
Disposant de 4 légions, soit 17000 à 20000 hommes
Il manque à son palmarès la gloire militaire, pour rivaliser avec le grand général du moment : Pompée
Le loup dans la bergerie
Le commerce d'envergure avec Rome crée des tensions entre les peuples de la Gaule: l'enrichissement des uns excitant la convoitise des autres. C'est le cas des Eduens, peuple établi de la Nièvre jusqu'à la rive droite de la Saône; inféodés aux romains depuis 2 siècles, il tirent le plus grand profit des échanges commerciaux, ce qui n'est pas sans attiser la convoitise des Séquanes, (de la Franche Comté) sur la rive gauche de la Saône, qui leur disputent et la propriété de ce fleuve,
voie de transit des marchandises …..et les taxes perçues.
En -70, les conflits prennent une tournure guerrière.
Régulièrement battus par les Eduens, les Séquanes recrutent des redoutables mercenaires germains, qui en profitent pour s'installer dans les riches plaines d'Alsace, avant de défaire les Eduens.
Ces germains trouvant les terres Séquanes et Eduens plus riches que leurs terres d'origine entendent se les approprier, rapprochant par la force des choses les 2 communautés dans leur mécontentement,
Eduens & Séquanes en appellent alors à la confédération gauloise
en -60, qui constitue une armée.
La rencontre est désastreuse pour les gaulois, battus à Admagetobrida (près de Luxueil), par Arioviste, les Eduens perdent tous leurs sénateurs, et les nobles doivent fournir des otages, en outre le vainqueur ouvre la porte à ses peuples amis pour la colonisation.
En cette même année -60, les Helvètes, inquiets de leurs voisins germains, invités par les Saintons, situé au nord de la Gironde, négocient leur passage pacifique avec les cités traversées,
et en -58, entament leur migration,
laissant derrière eux leurs maisons en cendres.
C'est alors que les Eduens, toujours soumis aux germains, en invoquant faussement des saccages des Helvètes sur leur territoire, dont la route ne passait pourtant par leur territoire, en appelle à César, qui ne se le fait pas dire deux fois.
A la tête de 40 000 hommes, légionnaires & auxiliaires gaulois, César entend en profiter pour soumettre la Gaule, et acquérir une gloire militaire qui manque à son curriculum vitae….
sans oublier de s’enrichir.

Tout en répondant à la sollicitation de nombreux peuples gaulois pour chasser les germains d'Arioviste de la Gaule,
dans cette affaire, il entend faire d'une pierre deux coup:
-empêcher les Helvètes de rejoindre une région encore rétive à l'occupation romaine.
- ne pas laisser le territore helvète abandonné
à la rapacité des Germains
Les helvètes sont ramenés brutalement dans leur pays ravagé.

L'intervention a un coût : les gaulois doivent fournir, guerriers, chevaux, fourrage et argent pour lever de nouvelles légions, autant dire que cela équivaut à mettre les gaulois sous protectorat:
Par traités des cités furent alors considérées comme alliées de Rome, ou confédérées ou assujetties au tribut.
C'est à cette occasion que nous retrouvons le jeune « Certillicnos», sous les ordres de César, à un poste assez important pour qu'il fasse parti du cercle des « contubernales- les compagnons de tente »
du tribun César, auprès duquel, semble-t-il, il a pu rédiger des rapports sur la situation & les pratiques de la Gaule chevelue, tout en participant aux campagnes de Jules César contre les Germains, qui seront définitivement battus près de Mulhouse,
et ramenés sur le Rhin.
Fleuve qui fixera pour des siècles la frontière sous contrôle romain.
Contrat rempli
.
Disposant encore de 4 années de consulat, le proconsul se devait de justifier la présence de ses légions en Gaule.
Il s'y emploie:
En -57 ,« aidé » par la montée des résistances face à l'hégémonie et à la pression fiscale romaines de plus en plus lourde,
les peuples de Gaule s’agitent:
les Suessons ( de Soisson), les Bellovaques (du Beauvaisis),
les Ambiens( d'Amiens), les Viromanduens( du Thièrache), les Eburons
( vers Liège) les Venètes (du Morbihan) .....mais se rendent à César,...sans combattre ,bien aidé par l'entremise diplomatique des Eduens, et promettent des livraisons régulières de grain.
Une victoire sans frais.
Mais les communautés belges (entre Seine & Rhin) rassemblent leurs forces sur les rives de l'Aisne, constituant une nouvelle menace aux yeux de César.
Jouant sur la rapidité de déplacement de ses troupes, le proconsul se dirige vers le nord-est, bien décidé à les affronter.
Solidement retranché dans ses camps, bien informé,
il attend......
la désunion qui ne tarde pas à s'installer chez les coalisés.
La machine romaine se met alors en marche, et bat successivement les Nerviens, puis les Bellovaques.

Chaque région nouvellement contrôlée par les romains, est contrainte de participer à la construction de longues routes droites en dur, selon les matériaux locaux, facilitant les communications.....
et la marche des légions.
En -56, les tribus d'Armorique refusent les livraisons de blé à l'unique légion stationnée sur le territoire.
Que faire ?
Le relief de la contrée ne facilite pas l'investissement
de la région par terre,
Par l'océan ? où règnent les puissants marchands Vénètes
(du Morbihan) les meilleurs navigateurs de l'Ouest, qui peuvent sans peine embarquer leurs alliés pour les conduire chez les Brittons
( de la grande Bretagne d’aujourd’hui) avec lesquels ils commercent,
et qui promettent leurs aides.
César se résoud alors à une bataille maritime.
Malgré les difficultés de navigation sur un « terrain » qu'il ne connaît pas, il ordonne la fabrication de galères sur la Loire avec l'aide des Saintons & les Pictons qui ne portent pas leurs cousins d'Armorique dans leurs coeurs.
Pendant ce temps, tout l'été jusqu'en hiver, lourdement armés, les légionnaires s'enfoncent dans un pays sans trouver âme qui vive, les habitants se réfugiant momentanément dans la lande ou les citadelles, qu'ils évacuent par mer quand la pression romaine se fait trop forte, emportant leurs provisions....
Passées les fortes marées, les galères, bien grées, et équipées de tours arrivent enfin, fragiles esquifs cependant en face des lourds navires en chêne massif des Vénètes, impressionnants de hauteur avec leurs proues & poupes relevées, équipés de voiles de cuir.
La bataille s'engage:
La marée éloigne les belligérants de la côte, le vent est favorable,
les lourds bateaux cherchent à éperonner les romains, les manœuvres d'évitement épuisent rapidement les rameurs des galères,
les Venètes tiennent leur proie,
c’est la retraite forcée à coup sûr pour César.
Quand le vent tombe subitement, la mer se fait d'huile,
l'avantage bascule en faveur de Rome, les mobiles galères manœuvrent au plus près, l'infanterie embarquée sectionnent les cordages des voiles et montent à l'abordage.
Le corps à corps est meurtrier.
La Venètes sont vaincus.
La vengeance de César est impitoyable: l'élite est égorgée, homme, femmes & enfants sont réduits en esclavage, les gaulois jugés inaptes au travail ont leur main droite coupée.

Dans l'hiver de -56 -55, à peine César est-il retourné de l'autre côté des Alpes qu'il apprend que deux tribus de Germains ont traversé le Rhin.
Il se précipite à leur rencontre, ravage leur camp, traverse le Rhin pour la 1ére fois de l'histoire de Rome sur un pont de bateaux construit en dix jours dans la région de Cologne.
Et dévaste la Germanie pour dissuader ses peuples de s'en prendre à la Gaule.
En Gaule, le feu de la révolte couve toujours sous la cendre
À l'été- 54, César organise 2 expéditions sur les brittons, les bretons d'outre- manche, avec deux légions et 80 bateaux d'abord,
puis, une second fois, avec cinq légions
Il emmène avec lui ses alliés et vassaux gaulois.
Parmi eux, le très apprécié « Certillicnos ».
Son but les empêcher d'apporter un secours aux gaulois « continentaux »
Les troupes brittones de Cassivellaunus sont battues.

A l'hiver -54, les Eburons, implantés sur les bords de la Meuse, anéantissent une légion par surprise, sous la conduite de Ambiorix,
et assiège le camp de Quintus Cicéron, le frère du sénateur.
César, à la tête de 10 légions extermine
la presque totalité de ce peuple.
Au printemps -53, pendant que Labienus, son efficace lieutenant met au pas les Trévires de la Gaule belge,
Les Sénons: dans les actuels départements de l'Yonne; de la Seine & de la Marne, les Carnutes, peuplant les actuels départements de l'Eure, du Loir & Cher,et d' une partie du Loiret & des Yvelines
manifestent leur souhait de secouer le joug romain.
César réagit par la convocation d'une assemblée des cités gauloises chez les Rèmes.(les rémois)
Le Sénon Acco, considéré comme le « chef de la conjuration » est arrêté, supplicié & exécuté.
Sénons et Carnutes feignent alors de se soumettre.

En réalité, le ressentiment de l'indépendance face à une domination romaine toujours plus oppressive fait chaque jour
de rapides progrès
En janvier -52, pour la1ère fois,
la résistance gauloise assassine en pleine ville:
Fufius Cita, le fonctionnaire mandaté par César pour stocker les grains à Cenabum (Orléans) et tous les commerçants romains.
À cette nouvelle, qui se répand de village en village,
à une vitesse phénoménale.
« Certillicnos», libéré du son "contrat" d'otage, en quittant un tribun persuadé d'avoir acquis un gaulois de poids à la cause romaine, est au contraire bien décidé à s'opposer aux intentions d’hégémonie du tribun.
Rompant " l'amitié de César", « Certillicnos»,de retour en Arverne, tente une prise de pouvoir en s'imposant à la tête du parti anti-romain, notamment grâce à son art du discours autant prisé chez les Gaulois que chez les Romains qu'il a côtoyés,
mais se heurte à l'oligarchie Arverne, son oncle en tête,
qui le chasse de la ville .
Pas abattu pour autant, « Certillicnos», entraine les jeunes & lève facilement des troupes dans la campagne,
et revient en force quelques temps après.
Fort de ses connaissances acquises auprès de César,
convaincant dans ses arguments,
la coalition se place sous ses ordres .
Dès lors le jeune chef de 20 ans va montrer un réel talent militaire et politique et donner du souci à Jules César,
l'un des stratèges romains les plus talentueux.
Son action prend deux formes :
-il s'emploie à fédérer le plus grand nombre possible de tribus de Gaule contre César, en lançant de multiples ambassades auprès des peuples gaulois pour les rallier à sa cause:
en n'hésitant pas à garantir les alliances par l'échange d'otages:
-à s'allier aux rudes Bituriges du Berry,
-à retourner en sa faveur les Rutènes
(peuplant les actuels département du Tarn & de l'Aveyron)
- et à défaut de s'imposer, les neutraliser, comme les Eduens
(dans l'actuelle Saône & Loire, alliés des Romains),
Une alliance des peuples du centre & de l'ouest se concrétise rapidement en menaçant directement la Narbonnaise,
(sous l'administration directe de César)
« Certillicnos» met rapidement sur pied une armée de 100 000 hommes, qu'il entraîne & commande, comme s'il l'avait toujours fait,
et met en œuvre sa stratégie :
-éviter l'affrontement des redoutables & invaincues légions romaines,
-les épuiser par une guerre de harcèlement (à laquelle la géographie gauloise se prête excellemment) tout en lui supprimant la capacité de se nourrir sur l'habitant en imposant la politique de la terre brûlée.

Mais César a déjà anticipé, interrompant son séjour en Cisalpine,
il rejoint Narbonne fin janvier pour rétablir la confiance, puis par une tactique audacieuse, traverse les Cévennes enneigées, ravage sur son passage le pays Arverne, puis la Brie, fonce sur Cenabum (Orléans) qu'il pille et incendie, traverse le territoire des bituriges aux 20 villes brûlées pour assièger la capitale Avaricum ( Bourges)
et faire main basse sur ses réserves considérables .
« Certillicnos» accède aux supplications des notables de préserver de la destructionde la ville, réputée inexpugnable,
-ce qui rentre certainement aussi dans la tactique du gaulois pour fixer les légions, les affaiblir par la guerre d'usure,
pour mieux les détruire ensuite,
-mais aussi sans doute, afin d’éviter une désolidarisation
de ces précieux alliés.
C'est sans compter sur l'art de César en matière de siège, et le besoin d'approvisionner ses soldats affamés. Après de longues semaines d'approche consacrées à la construction d'une rampe d'accès au niveau de murailles, l'assaut peut être donné.

C'est le massacre:
des dizaines de milliers de défenseurs sont exterminés.
Et c'est aussi la récupération des immenses entrepôts de ravitaillement.
C'est un revers pour « Certillicnos», mais une partie de sa stratégie est en passe de réussir :
-les Nitiobroges (agenais actuel) rejoignent la coalition gauloise avec une forte troupe de cavaliers et de mercenaires recrutés en Aquitaine.
S'ensuit, une course poursuite dans le centre de la Gaulle pendant 6 mois, Vercingétorix tenant en échec les légions, car César doit diviser ses forces pour faire face à une nouvelle rebellion des peuples belges, au nord de la Seine, que Labienus,
l'un de ses meilleurs lieutenants, s'emploie à contenir,
l' empêchant de se joindre à l'armée de Vercingétorix,

« Certillicnos» se retire sur Gergovie,( à côté de Clermont Ferrand ) en longeant l'Allier par la rive droite, poursuivi par César sur la rive gauche qui entreprend l'assaut de l'oppidum.
Mal informé & trop sûr de lui, le tribun le croit délaissé, pensant tenir l'occasion de casser définitivement la résistance gauloise.....
et lance ses légionnaires sur les pentes du coteau
une erreur tactique de débutant...
En réalité, l'attaque est attendue de pied ferme:
prises entre la furieuse sortie des gaulois et les charges dévastatrices des cavaliers Eduens ralliés aux insurgés, prises entre le marteau & l'enclume les légions romaines sont pour la première fois mises en déroute lors d' un affrontemen en bataille rangée .
C'est la consécration pour le gaulois :
qui s'impose définitivement comme le chef de guerre suprême, lors d'un conseil de toute la Gaule, organisé par les Eduens à Bibracte, qui sont persuadés d'être confirmés comme les patrons de la révolte et en obtenir le commandement général.
Cause perdue, c'est le jeune Arverne qui emporte les suffrages
Ainsi naît Ver-cingéto-rix,
de ver =suprême, cingeto=guerrier, rix=roi

Les éduens Viridomar et Eporedorix acceptent à contre cœur de rentrer dans l'état-major du généralissime, ce qui ne sera pas sans conséquences pour la suite des évènements.
C'est un coup dur pour César :
en mauvaise posture, il décide de rejoindre le territoire des fidèles Langons, ( Langres) où il rejoint les 2 légions de son lieutenant Labienus, vainqueur de la coalition belges.
Il s'emploie à recruter en masse des mercenaires germains, à obtenir des chevaux, tout en réussissant à conserver l'alliance des Boiens(Cher) & des Rèmes (Reims)
réticents à rejoindre la coalition gauloises
.
Dès lors les adversaires cherchent à se piéger
César prend la tête de 12 légions (50 000, soldats) et des auxiliaires germains, dont il tait soigneusement l'effectif, et laisse filtrer sa (fausse) intention de rejoindre la Narbonnaise pour prendre du repos.
Ce que Vercingétorix veut empêcher à tout prix,
Le généralissime gaulois en s'appuyant sur le plateau d'Alésia,
patrie des mandubiens, point stratégique menaçant tous les mouvements romains, regroupe ses quelques 80 000 combattants.
Son plan:
prendre en étau les légions &
dans cette intention, il divise son armée en deux corps
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Celui de Vercingetorix, implantée en position idéale à flanc de coteau fera barrage aux légions de César. |
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Le deuxième corps composé de la cavalerie Eduen, attaquera de flanc les légions |
La victoire est immanquable!
César, très tôt informé du plan de bataille par son service de renseignement, tout en appréciant l'intelligence du plan gaulois,
agit en conséquence.
Impatiente d'en découdre, supportant avec réticence la loi de l'Arverne, sûre de tronçonner les troupes de César, la cavalerie Eduenne arrache l'autorisation de Vercingetorix toujours attaché à sa stratégie d'attente.
Elle fond, trop tôt, sur les légions formées en formation de combat, et manque tout emporter, mais se fait disloquer par la contre-attaque de la cavalerie germaine opportunément placée en réserve.
(A chaque cavalier germain est rattaché un fantassin,
Un binôme redoutable:

Dans les charges, au trot, le piétons s’accroche à la crinière ou la queue de cheval,
participe à l'attaque, tout en protègeant son co-équipier"
C'est un terrible échec pour les gaulois.

La cavalerie gauloise perd une grande partie de ses effectifs, qui manqueront cruellement par la suite, et qui fait défaut dans l'immédiat, à la stratégie de Vercingétorix, l'obligeant à s'enfermer avec ses guerriers, portant la population à 80 000 hommes dans l'oppidum d'Alésia, certes abondamment approvisionné, mais dont les fortifications ne sont pas achevées...
et l'armée confédérées est loin d'être rassemblée.
Dans cette affaire, Vercingertorix n'a commis aucune faute de stratégie, appliquant les enseignements de reçu auprès des romains.
Dès le lendemain, guidé par des éclaireurs & espions gaulois, César se présente au pied du retranchement.
Comprenant la stratégie gauloise, il déploie ses 12 légions et entreprend aussitôt les travaux d'encerclement :



Une première ligne de fortification, qu'il garnit de tours, face aux assiègés pour les empêcher d'être ravitaillés.
Vercingetorix lance en vain contre les assiégeants le peu de cavalerie qu’il lui reste.

Suivie bientôt d'une seconde ligne tournée vers l'armée de secours qui ne manquera de se présenter,
les abords protégés sont redoutables:
le terraini est truffé d'aiguillons & de chausse-trapes
des trous profonds de 90cm sont disposés en quinconce,
garnis chacuns d'un pieu pointu,camouflés par des broussailles,
5 lignes de fossés profonds de 1,50m, garnis des grosses branches attachées les unes aux autres,
2 fossés de 4,50m de large et profonds de 2,50m,
dont l'un est rempli d'eau,
les branches pointues sont fixées au rempart de terre pour en compliquer l'escalade
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Avant que l'étau se referme, Vercingetorix peut toutefois lancer ses derniers cavaliers dans toutes les cités de la Gaule,
porteurs de consignes strictes: encercler les romains pour empêcher tout ravitaillement, les obliger à sortir de leur fortifications,
puis les affronter en plaine,
l’effectif impressionnant des renforts ne pouvant qu’aboutir à la victoire.
Malgré l 'hostilité du Conseil des Gaules à cette levée en masse,
qu'il juge inefficace, 42 cités répondent à l'appel du généralissime,
en lui adressant les secours tant espérés.
Il était temps, après trois mois de siège, les assiégés meurent de faim, et ont déjà pris la cruelle décision de chasser de l'oppidum les « bouches inutiles », enfants, femmes et vieillards, qui rejetés par les romains, connaîtront une mort atroce entre les lignes combattantes
L'affrontement final
Vercingétorix dispose d'environ 60 000 guerriers
César commande 60 000 hommes, laissant dans l'ignorance de l'adversaire, les effectifs des terribles auxiliaires germains,
qu'il a pris le soin de laisser en dehors des fortifications.
L'armée de secours compte de 200 000 à 250 000 guerriers, d'inégales valeurs, dont 60 000 dits d'élite.
Probablement rassemblée dans la plaine d'Autun, le train est si long, que les premiers sont sur place, quand les derniers n'ont pas encore quitté le camp.
Et pas de structures pour les recevoir.
L'arrivée n'est donc pas massive, et laisse tout le temps à César
de se préparer à l'assaut.
Enfreignant les directives de Vercingtorix, mais estimant prioritaire de délivrer les assiégés affamés, guerriers & cavaliers gaulois de l'armée de secours attaquent dès le lendemain de leur arrivée, à midi, dans la plaine de Laumes:

Le but créer des brèches, en vue du combat de nuit:.
Ils comblent de fascines le terrain truffés de chausse-trapes & les fosses garnies de pieux protégeant les fortifications et destinés à blesser grièvement hommes & chevaux
.
Animés de la" fureur sacrée" les gaulois parviennent à franchir les palissades, tandis que les troupes de Vercingétorix attaquent les fortifications intérieures.
la bataille est rude, assiégés et renforts sont à deux doigts de se rejoindre à l'intérieur, la position romaine est au bord de la rupture.

César sort alors sa carte maîtresse en faisant intervenir les cavaliers germains, à l'affût dans les bois, reposés et mobiles, ils foncent sur les assaillants et en font un grand massacre,
C'est la retraite.
Dans la nuit, les fantassins gaulois attaquent comme prévu le même secteur, dont ils connaissent les pièges,
ils sont attendus.

Après de nouveaux combats, d'uine extrême violence,ils décrochent au petit matin, craignant d'être pris une seconde fois à revers
par les germains;
Le lendemain, après un conseil de guerre, la 3ème armée gauloise, emmenée par l'arverne Vercassivellaunus, un fin militaire, bien renseigné auprès des paysans du cru, lance la 3ème attaque dans la plaines de Laumes, en allongeant ses lignes sur 5 km pour fragiliser la défense romaine, en coordination avec les assiégés munis d'échelles, de grappins et de mantelets ( une protections plus larges que les boucliers),tandis que les 60 000 gaulois d'élites se chargent de neutaliser les germains basés sur le mont Réa.

Commence alors une formidable bataille, les romains cèdent sur plusieurs points sous les coups de boutoirs furieux des gaulois,
il suffisait alors que les fantassins gaulois en réserve s'engouffrent dans les brèches pour tout emporter:
Mais rien ne se passe !
Placée sous le commandement des généraux Eduens, Viridomar et Eporedorix, qui depuis leur nomination aux côtés de Vercingétorix ont toujours traîné les pieds, la plus grande partie de l 'armée de secours a déjà pris le chemin du retour, prétextant l’éclipse de lune de la nuit précédente, signe d’un mauvais présage pour les superstitieux gaulois.
Sur le champs de bataille, galvanisés par César qui n'hésite à descendre dans l'arène, les légionnaires résistent, quand surgissent à nouveau de nulle part les cavaliers germains.
Les gaulois sont contraints au repli,
Vercingetorix ne peut qu'ordonner la retraite
.
C'est fini.

Que dire de cette défaite :
Elle est due aussi bien à la supériorité logistique de son ennemi qu'au manque d'entente entre les peuples et divers chefs gaulois,
de guerriers de valeurs inégales, peu habitués à se battre ensemble,
aussi vaillants qu'indisciplinés.
Il ne reste plus à Vercingétorix qu'à négocier la réddition de la place, tandis que les assiégés jettent leurs armes par-dessus les remparts.
Oubliez la cavalcade flamboyante de l'arverne sur un blanc destrier, jetant ses armes au pied de César avec panache, il y a longtemps qu'il n'y a plus chevaux, les derniers ont sans doute été sacrifiés pour nourrir les assiègés;
il est plus vraisemblable, que Vercingetorix enchaîné entre 2 centurions présente sa soumission au pied du vainqueur, subissant les invectives et les reproches d'une amitié trahie.
Dès lors,Vercingétorix n’est plus qu’un prisonnier à la suite de Cesar, que le tribun exhibe au gré de ses campagnes, et qu’il interroge régulièrement pour l’écriture de ses mémoires,
l’un des outils à la construction de sa gloire.
Comme tout chef de marque vaincu, l’Arverne est relativement bien traité, car le vainqueur trouve plus d'intérêt à le présenter à la foule richement vêtu, fier et en bonne santé,
le mérite du vainqueur n'en est que plus grand.

Ce qu'il reste de l'alliance gauloise est emmenée par le chef de l'armée de secours, Lucterios- un cadurque (Cahors) et résiste jusqu'en 51 av-JC, jusqu'à la prise de Uxellodunum( dans le Quercy), où elle connaît la défaite et un terrible châtiment:
amputation de la main gauche ( qui porte le bouclier) de tous ceux qui ont dressé leurs armes contre Rome.
En -46, Vercingetorix, le plus célèbre des gaulois à Rome, est exhibé à la foule en liesse, enchaîné au char de César,
lors de son grandiose triomphe.
A l'issue de la parade, le gaulois « bénéficie d'une faveur » en étant exécuté par strangulation, lui évitant ainsi les cruelles tortures que subissaient les prisonniers de condition inférieure
.
Dans une autre version, (avec la même issue) il est important de rappeler la culture et la clairvoyance dont faisaient preuve ces deux hommes qui s'admiraient mutuellement, d'où leur probable amitié. César aurait souhaité épargner Vercingétorix, fait rarissime chez lui,
-il y a avait déjà eu un antécédent-
mais céda aux instances du Sénat.
Annexes
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Armement d'un gaulois
un casque de fer, un linithorax composé de bandes de lins collées en plusieurs couches. un casque d'airain, une cotte de mailles pour les plus riches Selon les unités: l'épée, le poignard, la hache, l'arc, la fronde, la lance, le javelot, parfois avec propulseur; le bouclier
Taille moyenne d'un gaulois: 1.75m |
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Armement d'un légionnaire
le casque , une sous armure de cuir (surbamalis) une cuirasse segmentée, la plus robuste ou d'écailles ou une cotte de mailles les jambières de fer( ocrea) le glaive,( épée courte de 60 cm ), le poignard;( pugio) le lourd javelot (pilum) un javelot plus léger ( verucum) ou une lance (hasta) quelques fois de pieux le bouclier de bois renforcé de cuir et de fer (le scutum,une arme défensive & agressive)
taille moyenne d'un légionnaire 1.63/1.65 m |
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Que mangeaient les gaulois au temps des Arvernes :
essentiellement des végétaux à 80%
-des céréales cuites : blé, millet
-un peu de pain
-des légumes frais:raves, lentilles, pois chiches, fèves, oignons, choux, asperges, truffes, ail, épinards….
ou conservé par lactose fermentation
(un procédé de conservation des aliments qui consiste à laisser macérer les aliments en l'absence d'oxygène.
Cette macération permet la prolifération des bactéries lactiques,
très bénéfiques pour l’organisme,
-de lait frais ou conservé salé et des fromages
-peu de viande, mais d’élevage, bouillie ou rôtie, bœuf, porc, salaisons, mouton, chèvre, un peu de volaille, rarement du cheval & du chien,
et du produit de la chasse à hauteur de 1%
(lièvre, chevreuil, cerf, rarement du sanglier)
-des fruits frais :baies, noix, noisettes,
pommes, prunes ou desséchées dans le four ou sous la cendre
Pour la boisson,
-du vin d’Italie, parfois coupé d’eau, pour les plus riches
-de la bière de blé parfois aromatisée de miel, pour les autres
m à j: 4/01/26
Sources :
Wikipedia-Hérodote
« Alesia une défaite impossible » de Jean-Louis Brunaux
« Vercingetorix traître à César » de Philippe Valode
« Jules César » d'Auguste Bailly
« les romains & l'océan-le massacre d'Orléans-Alesia,la revanche de Gergovie » de Pierre Miquel
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la rivière Ancre






















Bercenay en Othe



























































































































































































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